Antigone, de Sophocle

03 mai 2008

L'Histoire

Après l'exil du roi Oedipe, sa descendance se déchire pour le trône de la cité de Thèbes. Se fils ; Etéocle et Polynice, s'affrontent pour le pouvoir, et meurent tous deux par une bataille qui les confronte. Mais si Créon, le frère d'Oedipe et nouveau roi de Thèbes, accorde à Etéocle les honneurs mortuaires, il fait publier un interdit quand aux sacrements destinés à l'autre frère.
Antigone, la nièce de Créon, se révolte contre cette décision, et décide de rendre honneur à Polynice, sous peine d'encourir une terrible punition...

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L'Auteur

Sophocle, ou Σοφοκλῆς en grec ancien, est l'un des auteur de la tragédie grecque les plus célèbres qui apparaissent dans le monde contemporain. Il naît en - 495 dans une famille riche d'Athènes. Son père Sophilos lui offre les meilleurs précepteurs, et Sophocle reçoit une éducation aussi bien scientifique qu'artistique.
Sa carrière d'auteur est ponctuée par les nombreuses et prestigieuses récompenses qu'il reçoit. Il remporte en - 468 un prix face à Eschyle, qui est pourtant de trente ans son aîné. Il obtient des victoires et des récompenses dans différents jeux comme les Dionysies ou le concours des Lénéennes.
Sa carrière politique fait figure d'exmple parmi ses concitoyens. Il est nommé administrateur des tributs de la ligue de Délos en - 443. Son amitié avec Périclès lui permet également d'accéder, en - 440, à la fonction de stratège aux côtés de ce dernier, le faisant participer à la campagne militaire de Samos. Sophocle devient ensuite l'un des fondateurs du régime oligarchique d'Athènes en - 411.
A sa mort en - 406, sa dernière tragédie, Oedipe à Colonne, est jouée en mémoire de cet auteur qui a marqué les esprits grecs au moins autant qu'il influence la tragédie moderne.

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Antigone

Antigone est la soeur de Polynice et Etéocle, les frères ennemis, et d'Ismène ; qui tient un rôle secondaire dans l'oeuvre. Fille de l'union incestueuse d'Oedipe avec sa propre mère, Sophocle la désigne plusieurs fois comme ayant hérité du caractère "brutal" et "insolent" de son père.
La pièce s'ouvre sur la décision d'Antigone de braver l'autorité de Créon en ensevelissant le corps de son frère Polynice. Par un souci de justice envers ses frères, de loyauté familiale et de grande piété, elle rend les hommages funéraires à celui-ci, bien qu'il ait précédement attaqué l'armée de Thèbes dans une querelle de pouvoir. Tout au long du drame, la jeune femme ne cesse de déclarer qu'elle préfère braver le pouvoir en place que les "lois non-écrites et infaillibles des Dieux" (vers 455). Son pêché est donc la piété et le respect de la famille.
Antigone représente la dissidence et la résistance face à un pouvoir abusif et individuel. Elle sacrifie son avenir, sa vie de future épouse et de future mère afin de respecter la volonté "des morts et des Dieux". Aucune autorité n'est supérieure aux lois divines, et aucun mortel ne peut entraver son action, quelle que soit sa punition. La jeune femme suit donc ses principes moraux a tout prix, sans prendre en considération la société dans laquelle elle vit.
Malheureuse parmi les vivants, car ayant perdu ses parents et ses frères, Antigone met fin à ses jours suite à l'enfermement à vie à laquelle Créon la soumet. Elle veut rejoindre sa famille dans la mort, et dit avant de mourir que "lorsque je serai là-bas, j'aurai l'amour de mon père, ton amour, ma mère et ton amour, frère chéri" (vers 898). Cet espoir qu'elle nourrit est de pouvoir agir avec ceux qu'elle aime, comme elle le souhaite, librement et sans enpêchement, dans l'au-delà.
Sa quête de la liberté face à un pouvoir despotique qu'est Créon la condamne donc à la mort, où elle est délivrée de toutes souffrances...

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Créon

Créon est l'oncle d'Antigone, des frères Polynice et Etéocle et d'Ismène. Il est également le père du fiancé d'Antigone ; Hémon. Après les disparitions successives d'Oedipe et des frères ennemis, il est le nouveau souverain de Thèbes.
Sophocle le décrit dans son oeuvre comme consciencieux et intraitable. Ce roi déclare s'appuyer sur le fait que "quiconque a la direction de la ville entière et ne s'attache pas aux meilleurs avis, si une peur lui verouille la langue, [...] il est le pire des hommes" (vers 178) et "quiconque fait plus de cas de son parent que de son pays, je dis qu'il n'a sa place nulle part" (vers 181). Ce sont ces deux lois, celle de la bravoure et de l'impartialité, sur lesquelles Créon se fonde pour gouverner sa ville.
Pour lui, il ne peut y avoir aucune entrave, et il est le seul juge final de ceux qui s'opposent aux principes qu'il soumet à la ville. Son autorité doit être incontestable, et il considère que ceux qui "supportent mal ce qu'[il] fait et grondent contre [lui]" (vers 290) ne bravent son pouvoir que "pour de l'argent" (vers 294).
Créon est donc si sur de lui et de son jugement que le facteur qui pousse les citoyens à se rebeller contre lui ne opeut être que l'appât du gain, du pouvoir ou même la folie.
Ainsi, lorsqu'Antigone fait figure de dissidente, il n'a d'autre choix que de la condamner, étant persuadé que son gest a été poussé par la folie plutôt que par la piété. Dans sa décison, peut lui importe l'avis d'Hémon, son fils. Il ne remet pas en cause son geste et ne tient pas compte des arguments de ceux qui s'y opposent, comme Hémon, ou la Coryphée.
Ce n'est qu'après avoir compris que tout Thèbes s'oppose silencieusement à ce jugement, qu'il finit par changer son opinion. Mais, lorsqu'il veut libérer Antigon de son emprisonnement, il la retrouve pendue, bien vite rejointe par son fils et sa femme.
Il est donc seul à la fin de l'oeuvre, se rend compte de son erreur et de sa prise de conscience trop tardive. Sa faute est irréparable, et lui doit vivre avec le remord qui le ronge...

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Etéocle et Polynice

Etéocle est le fils aîné d'Oedipe, tandis que Polynice est le cadet. Tous deux princes héritiers, ils conviennent de gouverner, après l'exil de leur père, successivement, et par tranche d'un an, la ville de Thèbes. Le frère qui ne gouvernerait pas la cité serait prié de s'en éloigner pour la durée de régence de l'autre.
Etéocle est le premier à régner, mais une fois l'année passée, il refuse de laisser le trône à son frère Polynice. Celui, appuyé par une armée de héros qu'il assemble, attaque la ville de Thèbes et l'armée de son frère. Presque tous les héros des deux camps périssent dans cette guerre pour le pouvoir, et les deux frères finissent par s'entretuer.
Créon ordonne alors les honneurs d'Etéocle, qui a "défendu la ville", et les refuse à l'autre frère ; "qui a voulu brûler par le feu de fond en comble sa terre natale et les Dieux de sa race" (vers 199), ce qui insuffle à Antigone son geste de rébellion.

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Ismène

Ismène est la jeune soeur et l'ooposé moral d'Antigone. Alors que sa soeur est prête à braver une décision officielle pour suivre son propre jugement, la cadette est prête à faire des compromis. Elle se plie devant toute autorité, et n'a pas le courage d'affirmer ses opinions. En revanche, elle est plus posée et plus réfléchie que sa soeur, et sait prendre en considération les conséquences de ses actes.
Lorsqu'Antigone essaie de la convaincre d'embaumer le corps de Polynice, la réaction d'Ismène est la suivante "je suivrai l'avis de ceux qui sont investis du pouvoir. Une action qui ne mène à rien n'a aucun sens." (vers 67). Elle fait preuve de beaucoup de sagesse et tente de tempérer sa soeur, sans succès, mais reconnaît la valeur héroïque et loyale de son action.
A la fin de la pièce, la cadette se range du côté d'Antigone, et souhaite partager son destin "quelle vie pourrais-je aimer, si je suis abandonnée par toi ?" (vers 548), mais est convaincue par sa soeur de continuer à vivre.

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Eurydice et Hémon

Eurydice est la femme de Créon, et reine de Thèbes à la mort d'Oedipe. C'est un personnage qui apparaît peu dans la pièce, mais Socrate la décrit comme étant très proche de sa famille par sang et par alliance. Elle n'aide pas Créon dans ces décisions, mais met fin à sa vie en apprenant la mort de son fils.

Hémon est le fils de Créon et le fiancé de sa cousine Antigone. Il n'a pas de volonté pour s'opposer à son père car il l'admire, et slon lui, Créon "a des principes excellents qui [lui] trace le chemin qu'[il] suivra" (vers 636). Lorsqu'il apprend l'emprisonnement de sa future femme, il se joint à son camp en défiant l'autorité de son père. Il s'impose alors face à Créon, et précise sa pensée quant à la vie qu'il souhaite mener. En arrivantd ans le tombeau d'Antigone, et lorsqu'il la voit suicidée, il décide de mettre fin à ses jours, après avoir essayer d'attenter à la vie du roi de Thèbes. Il maudit son père et le rend responsable de tous les maux de cette génération des Labdacides avant de mourir.

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04 mai 2008

Le mythe des Labdacides

Depuis son fondateur Labdacos, la dynastie royale de Mycènes connaîte de nombreux revers. Elle est fortement touchée par "l'Atè" ; l'Erreur fatale commise par les personnages dans la mythologie grecque, et personnifiée comme étant la fille de Zeus (l'Egareuse).
Le fils de Labdacos ; Laïos, épouse Jocaste (ou Epicaste) et règne sur Mycènes. Mais lorsqu'il consulte l'oracle de Delphes, celui-ci révèle que "si tu engendres un fils, ce fils te tuera, et toute ta maison s'éteindra dans le sang", et que ce même fils épouserait sa propre mère. Laïos, à la naissance de son héritier, prend donc la précaution de l'abandonner. Il est nommé Oedipe (littéralement, les "pieds enflés") par un berger qui le trouve, et est élevé par le roi de Corinthe.
Plus tard, Oedipe tue un homme avec lequel il s'était querellé à propos d'une collision de char, sans savoir que ce vieillard est son père. Il retourne à Thèbes, et répond à la question du sphinx qui garde la ville "Quel est l'animal qui a quatre pattes le matin, deux le midi et trois le soir ? - L'Homme." et se marie avec Jocaste, dont il a Etéocle, Polynice, Antigone et Ismène.
Il prend peu à peu conscience de la malédiction, et est exilé par ses parents et amis de la ville de Thèbes. Il est soutenu et accompagné jusqu'à Colonne par Antigone, qui fait alors preuve de dévouement et de loyauté quant à sa famille.
Les labdacides s'éteignent avec sa génération, puisqu'après la mort de ses frères, Antigone se suicide, suivie d'Hémon et d'Eurydice. La famille est ainsi décimée par la lutte du pouvoir et les trahisons familiales, qui déchirent toutes les familles royales dans la tragédie antique...

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Mon avis

J'ai beaucoup aimé la pièce car elle donne une impression d'oeuvre contemporaine et intemporelle à la fois. On peut retrouver dans ce mythe de nombreuses idées, opinions ou situations en rapport avec le monde moderne.
L'affrontement entre Créon et sa nièce Antigone n'est pas sans rappeller la lutte incessante du pouvoir en place et son opposition. L'autorité officielle et la dissidence officieuse ont ici comme sujet de querelle la piété et le salut d'une cité. Si le premier camp choisit l'impartialité et la force dans ses actions, l'autre parti souhaite une approche humaine dans les actions du pouvoir.
Ce conflit incessant est appuyé par des personnages qui sont les stéréotypes que l'ont peu trouver dans chaque camp au cours d'une bataille. Dans cette pièce, Créon est le leadeur individualiste et autoritaire de son camp, Hémon est le traître de son premier parti, et le Garde est l'unique personnage neutre dans l'affrontement. Antigone est, quant à elle, celle qui dirige le mouvement qui semble faire le moins d'adesptes, tandis qu'Ismène essaie de tempérer ce chef, tout en faisant preuve de courage. Tous ces caractères sont liés et utiles au dénouement de la bataille.

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Fin

Ce blog a été réalisé dans le cadre d'une fiche de lecture sur la pièce "Antigone", de Sophocle, demandée par Madame G., professeur de latin et grec ancien. Le travail appartient à Margot V., en classe de seconde 6 au lycée ... de Lille.

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